« Je ne me mets pas d’objectif » : rencontre avec Bruno, champion gay des « 12 coups de midi »

INTERVIEW. Avec déjà plus de 136 victoires à son actif, Bruno s’est imposé comme le nouveau “grand maître” de l’émission Les 12 coups de midi, sur TF1. À chaque épisode, son pactole augmente aussi vite que les recherches sur la question : est-il gay ? Alors TÊTU a décidé de le contacter afin de revenir sur son parcours, ses aspirations et, oui, sa vie amoureuse.

Depuis le 20 janvier dernier, Bruno s’est immiscé dans le quotidien d’un grand nombre de Français·e·s. À l’heure de la pause déjeuner, cet ex-publicitaire âgé de 29 ans enchaîne les victoires sur le plateau de l’émission Les 12 coups de midi, présentée par Jean-Luc Reichmann sur TF1.

Tous les jours du lundi au dimanche, Bruno fait bon usage de son excellente culture générale pour remporter de nombreux cadeaux et son joli pactole grandit sans cesse (plus de 600.000 euros à ce jour !). Mais au-delà de ses aptitudes intellectuelles, c’est son physique et son énergie communicative qui ont séduit le public, dont une partie espère plus ou moins secrètement… qu’il soit gay. Alors, toujours curieux, TÊTU a appelé le “grand maître”, qui a bien voulu revenir avec nous sur cette success story étonnante mais aussi sur ses ambitions, romantiques comme personnelles.

On en est à combien de victoires, là ? Tu as arrêté de compter ?

Bruno : Voilà ! Comme ce n’est pas en direct, on tourne quand même cinq émissions par jour, quatre jours par semaine. D’après Wikipédia, j’ai fait 135 émissions. Au début, tu rattrapes d’autres maîtres de midi donc il y avait comme des sortes de paliers. Mais au fur et à mesure, il y a moins de monde devant toi. Donc tu fais 30-40 émissions à la suite sans qu’il y ait d’événements marquants. Forcément, tout s’enchaîne vite et tu ne te rends pas compte de l’avancement des choses.

L’idée, c’est quoi, de rester dans l’émission jusqu’à ce qu’elle soit retirée de l’antenne ?

Alors, j’espère pas [rires]. Car je ne pense pas que je vais encore faire des mois et des mois d’émissions. Je ne me mets pas d’objectif. L’avantage, c’est que je n’ai plus de travail. On a trois semaines de tournage à la suite et je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de métiers où tu puisses t’absenter trois semaines à la suite sans que ça pose problème. Au moins, je me concentre sur les 12 coups de midi, c’est devenu mon occupation principale pour le moment. Mais pas d’objectif, pas de pression. J’essaie de profiter au max et on verra bien jusqu’où ça nous mène…

Chaque jour sur les coups de midi, à l’heure de diffusion de l’émission, tu apparais dans le top des recherches Google. Tu comprends cette fascination ?

Je ne savais pas que j’étais au top des recherches Google [rires]. En comparant à d’autres jeux du service public, le champion est ici un peu plus identifié. On y parle de la vie privée, on y voit mon entourage en visio… J’imagine qu’il peut donc y avoir un côté plus attachant. Après, même si les gens font des recherches, pas sûr qu’ils trouvent grand-chose puisque je ne poste pas beaucoup sur Internet.

 

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Qu’est-ce qui t’avait motivé à participer à l’émission au tout départ ?

Je suis déjà fan de jeux télévisés, de quiz, de tout ce qui est culture générale. J’adore. Après, je ne m’étais jamais dit que j’allais participer à l’émission. Pendant le premier confinement, je suis rentré chez mes parents et ma mère regardait tous les jours. J’ai commencé à regarder aussi et j’avais l’impression que je pourrais m’en sortir. Naturellement, j’avais cette idée en tête qu’il fallait être un peu extraverti pour participer à un jeu télé sur TF1. Et en fait, en regardant l’émission, je me suis rendu compte qu’il y avait tous types de profils. J’ai candidaté, on m’a recontacté. Après, tout s’est enchaîné.

“J’apprends par cœur les pièces de Molière parce que je me suis dit que c’était un sujet assez basique”

Comment on se prépare pour une émission comme Les 12 coups de midi ?

Je me mets souvent en mode révision, à faire des fiches. Jusqu’ici, il n’y en a pas beaucoup qui m’ont servi parce que la culture générale, c’est tellement vaste. On peut tomber sur n’importe quoi. J’apprends par cœur les pièces de Molière parce que je me suis dit que c’était un sujet assez basique, mais je crois qu’on m’a jamais posé de question là-dessus. Mais c’est plutôt pour se réconforter, au final, et être plus en confiance.

Y a-t-il des sujets que tu savais que tu ne maîtrisais pas totalement et que tu t’es mis à bosser à fond ?

Le bricolage, c’est une catastrophe. Mais ça, je ne sais pas comment le réviser parce que je pars vraiment de zéro. Je ne sais pas reconnaître une vis d’un clou ! Après, je n’ai pas un grand attrait pour le sport en temps normal, à part les matchs de l’équipe de France de foot. Du coup, j’ai appris au moins les bases, par exemple les villes hôtes des Jeux olympiques, les gagnants des différentes coupes du monde…

Avec un tel palmarès, est-ce qu’on a encore la pression ou participer à une émission est presque devenu une routine pour toi ?

J’essaie justement de faire en sorte que ce ne soit pas une routine. Je m’en voudrais de perdre parce que mon cerveau était en mode off. J’essaie d’appréhender chaque émission comme si c’était la première et de toujours me remotiver. C’est sûr que je suis un peu plus en pilote automatique quand c’est la fin de la semaine et qu’on a enchaîné plusieurs émissions… Mais j’essaie toujours de prendre 10-15 secondes pour bien lire et comprendre les questions qu’on me pose. Je me force à être très vigilant.

Crédit photo : EndemolShine / TF1

J’ai mentionné les recherches Google qui explosent à chacun de tes passages quotidiens à la télé : certains cherchent notamment à connaître tes préférences amoureuses. Alors, “Bruno des 12 coups de midi” est-il gay, comme croient l’avoir compris de nombreux téléspectateurs ?

Déjà, en voyant une interview sur TÊTU, ils ont une indication… [rires]. On en a parlé dans l’émission, même si ça n’est pas quotidiennement non plus. J’ai pu dire que j’étais gay, célibataire, j’ai mentionné mon type de mec… On en a reparlé quelques fois, par exemple quand Jean-Luc me demande si je suis toujours célibataire.

“Je reçois pas mal de messages de mecs, mais aussi de filles”

As-tu reçu des sollicitations sur ton compte Instagram grâce à tes passages télé récurrents ?

Je reçois pas mal de messages de mecs, mais aussi de filles, qui me disent “t’es mignon, si ça te dit on prend un verre pour apprendre à se connaître”. J’ai envie de répondre “mais tu n’as pas regardé tous les épisodes, jeune demoiselle…” [rires]. C’est sûr qu’il y a pas mal de messages mais je n’ai pas le temps de tout voir. Les journées de tournage se terminent très tard. Je reçois des messages de gens qui me proposent un verre, d’autres qui me demandent si je suis gay ou hétéro. Il y a en d’autres qui sont un petit peu too much dès le début, mais la plupart sont très mignons et bienveillants.

Tu habites en région toulousaine depuis l’âge de 15 ans. C’était facile pour toi de réaliser et d’assumer ton orientation sexuelle ?

Je pense que c’est l’environnement qui aide beaucoup. Quand je fais une visio dans l’émission, il y a ma mère, mon beau-père, ma grand-mère… Personne dans ma famille n’a de problème avec mon homosexualité. Je pense que le fait qu’ils s’en doutaient avant moi les a préparés. Après, comme je n’ai jamais été en couple, je n’ai jamais ramené quelqu’un à la maison. C’est quelque chose dont on ne parle pas vraiment. Mais ils sont très ouverts.

 

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As-tu conscience que ta participation à l’émission contribue à une représentation positive des personnes LGBTQI+ à une heure de grande écoute ?

Il y a une part du public qui a un certain âge donc peut-être qu’en effet, pour ces personnes-là qui n’ont jamais connu de personnes LGBT dans leur entourage, elles peuvent se dire inconsciemment “ah ben lui, il est gay et on l’aime bien”. Peut-être que ça peut planter des petites graines de normalisation dans la tête des gens. Si à ma toute petite échelle, je contribue gentiment à une meilleure acceptation, ça me fait plaisir.

“J’en viens à me demander ce que je peux acheter”

Au-delà du côté sentimental, est-ce que l’émission t’a ouvert des portes professionnellement parlant ? D’autres opportunités d’émissions, peut-être…

Être champion des 12 coups de midi, c’est limite un travail à plein temps. Quoi qu’il arrive, j’ai gagné plusieurs années de salaire déjà, donc je ne m’en fais pas trop. J’attends que l’aventure se termine et une fois que la dernière émission sera diffusée, je ferai les comptes et je me poserai pour envisager la suite.

Tu accumules pas mal de gains depuis ta première victoire… Quel sera ton premier gros achat avec le pactole que tu vas toucher ?

Ça faisait des mois que je voulais m’acheter une PS5, parce que c’était en rupture de stock, et je l’ai eue dès la première étoile. Maintenant, j’ai plein de télés écran plat et toutes les consoles que je voulais. J’en viens à me demander ce que je peux acheter : le mec qui a des problèmes de riche [rires]. Avec mon cousin et sa copine, on s’est pris un séjour à Orlando pour faire des parcs d’attractions. Après, je ne suis pas un gros flambeur, je ne vais pas m’acheter une Rolex juste pour avoir une Rolex. Je pense que mon train de vie va être à peu près le même, avec quelques voyages en plus.

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