On a discuté avec Delphine, la première candidate lesbienne de « L’amour est dans le pré »

À 47 ans, Delphine devient la toute première agricultrice lesbienne à venir chercher l’amour dans l’émission phare de M6. Elle a bien voulu s’entretenir avec TÊTU quant à ses espérances, ses critères mais aussi ses tue-l’amour. Rencontre.

Le 8 février dernier, la saison 16 de L’amour est dans le pré revenait pour une deuxième soirée de portraits. Parmi eux, celui de Delphine, une arboricultrice bio qui cherche l’amour… dans les bras d’une autre femme. Une première pour l’émission de dating, qui avait tout de même accueilli jusqu’ici trois candidats ouvertement gays. Présentée comme une bonne vivante pleinement épanouie, Delphine possède une personnalité solaire qui nous a tout de suite donné envie d’en savoir plus sur elle. C’est pourquoi on a décidé de lui passer un petit coup de fil afin de revenir sur son début d’aventure.

Comment vas-tu depuis la diffusion de ton portrait sur M6 ? As-tu observé des retours sur les réseaux sociaux ?

Delphine : Je suis ravie. Il y avait peut-être sept heures de tournage donc on ne voit que des extraits de ce qui a été filmé, mais ça reflète ce que je suis. Je le dis en toute humilité. Le peu que j’ai vu sur les réseaux, ce sont les mêmes compliments qui reviennent : “lumineuse”, “rayonnante”, “remplie de joie” et beaucoup me souhaitent une belle rencontre. C’est super positif ! Après, je ne suis pas sur les réseaux mais je regarde quand j’ai l’occasion si quelqu’un près de moi a Facebook.

C’est donc ton ex qui t’a encouragée à participer à L’amour est dans le pré. As-tu eu quelques réserves avant de signer pour l’émission ou c’était comme une évidence pour toi ?

Ça faisait plusieurs soirées qu’on plaisantait avec des amis à ce sujet-là. Un jour, mon ex était sur son ordinateur et elle me dit “allez, je t’inscris”. Je lui ai dit “oui, tu as raison, c’est le moment”. Et ça s’est fait comme ça, de façon très spontanée. J’ai ensuite discuté avec l’équipe de l’émission pour voir si je correspondais aussi à leur recherche, et ils ont vite débarqué avec une journaliste et une caméra. J’ai beaucoup aimé parce qu’on a vraiment pu échanger. J’en retiens leur bienveillance qui m’a séduite.

Crédit photo : Cécile Rogue / M6

Comment a réagi ton entourage lorsque tu as annoncé ta participation à l’émission ?

De manière très positive ! Je suis reconnaissante parce que je n’attendais pas autant de retours positifs. Je pense avoir été moi-même. Ma mère avait une crainte : elle ne savait pas ce que j’allais dire, comment ça allait être filmé, comment ça allait être monté. Elle avait un peu peur parce qu’elle n’est pas très à l’aise avec ça. Les voisins sont venus la voir pour lui dire que sa fille était magnifique, lumineuse, à tel point qu’on “ne voyait plus le côté homosexuel”. Et moi, c’est ce que je veux : la meilleure façon pour que la différence soit accueillie, c’est qu’on nous regarde comme des gens normaux. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Je crois que ma mère était même fière de moi [rires].

Y a-t-il eu des retours qui t’ont surprise ?

J’ai un ami qui avait déjà tenu des propos homophobes sans savoir que j’étais homosexuelle. Quand j’ai décidé de l’annoncer au monde, je lui ai dit. Et il m’a assuré qu’il n’y avait pas de problème, qu’il n’était pas homophobe. Ce que j’en retiens, c’est que les gens ont peur de la différence tant qu’ils ne connaissent pas la personne qui vit cette différence. Il s’est senti bête parce qu’il a reconnu ses propos homophobes alors qu’il ne l’était pas vraiment. En tout cas, ça crée des ouvertures.

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L’amour dans le pré avait déjà inclus plusieurs candidats gays jusqu’ici mais aucune candidate lesbienne. Quelle représentation espères-tu offrir aux lesbiennes qui vont te regarder durant les prochains mois ?

J’ai été dans le mensonge pendant des années et je me mentais aussi à moi-même. Et à partir du moment où on assume ce qu’on est, les gens suivent. Je me suis toujours dit que ma mère m’accepterait quand je m’accepterai moi-même. C’est ce qui s’est passé. J’ai eu pas mal de messages de femmes qui ont été dans ma situation et je leur ai dit : “lâchez-vous, les filles, parce que c’est libérateur”. Si je devais faire passer un message, ce serait celui-là. Et s’il y a des gens qui sont choqués qu’on passe des homos en prime-time, je dois moi aussi les respecter : ils ont leur chemin à faire et peut-être qu’ils vont finir par changer d’avis.

On sait que le portrait dans L’amour dans dans le pré est une étape importante puisqu’il faut se présenter, partager sa recherche… Qu’est-ce qu’il était important de mettre en valeur pour toi dans ce portrait ?

Toutes les facettes de Delphine. Je voulais vraiment montrer qu’être homo était une particularité de moi, mais que j’en ai aussi tellement d’autres comme tout un chacun. Le jour où on oubliera de nous mettre dans des cases, on saura qu’on a gagné.

La femme idéale pour toi, elle est comment ?

Ce sera une princesse [rires]. Je n’ai aucun critère physique, mais je me dis que j’aurai un déclic quand je la verrai. Ce sera sûrement une évidence. Si je devais donner quelques qualificatifs, ce serait “naturelle”, “dynamique”, “ouverte”, “sympathique”. Et aussi en recherche. Je parle de recherche plutôt spirituelle. Quelqu’un qui soit en mouvement, qui soit en quête d’une mission sur Terre, qui a le sens d’être utile pour la communauté.

Crédit photo : Cécile Rogue / M6

As-tu donné une chance aux applications de rencontres avant de participer à l’émission ?

Oui, j’étais sur trois sites, dont un qui n’existe plus. Mais ça n’a rien donné. Il y a évidemment eu le confinement donc c’était difficile. Le peu de rencontres que j’ai faites sont différentes. Je m’étais déplacée pour un rendez-vous jusqu’à Montpellier : l’une et l’autre, on s’est dit que ce ne serait pas possible au niveau des rythmes de vie. Il y en a aussi une qui m’a dit qu’elle n’avait rien à m’apporter, que j’avais tout ce qu’il me fallait [rires]. C’était curieux. Après, je ne cherche pas absolument à être en couple. J’en ai le désir, je sais que ça arrivera un jour donc je suis sereine par rapport à ça. J’espère surtout que la personne sera assez complète : je ne veux ni être une béquille pour quelqu’un, ni que l’autre soit une béquille pour moi.

Est-ce que tu as des tue-l’amour ? Des traits de caractère ou des petits détails qui sont rédhibitoires à tes yeux ?

Bien sûr, j’en ai plein [rires]. Déjà, quelqu’un qui serait trop dans la plainte. Dans la vie, on a des problèmes mais je me suis rendu compte que mes problèmes ont été une mise en route pour moi. Ça m’a réveillée en quelque sorte. J’ai horreur des personnes qui se victimisent et qui ne voient que les problèmes et pas de solutions. Quelqu’un qui n’est pas dans la joie, je ne pourrais pas non plus. Dans le coin où j’habite, on a plein de raisons de s’émerveiller. Mais il me faut surtout une fille qui soit en mouvement. Je ne veux pas dire instable hein [rires]. Il ne faut pas non plus changer d’avis tous les quarts d’heure. La fidélité et essayer de construire quelque chose à long terme, c’est un petit peu ce que je désire aussi. Les amourettes, je n’en veux pas.

Le meilleur scénario possible à l’issue de l’émission, ce serait quoi pour toi ?

Rencontrer la personne avec qui je vais finir mes jours ! Je me suis toujours fait plaquer dans ma vie [rires]. Mais en fin de compte, quand les personnes veulent partir, c’est que ça ne correspond plus. Dans l’émission, je compte être vigilante et attentive à ça parce que je ne veux plus répéter ce même schéma. Donc dans le meilleur des mondes, j’aimerais que ce soit vraiment des moments de partage, de joie. Je veux être avec quelqu’un et que ce soit festif. Ce ne sera peut-être pas la fête tous les jours, mais il y a toujours des petites choses à fêter. Comme un lever ou un coucher de soleil. Je suis assez optimiste quand même. J’ai l’impression que je suis prête.

 

Si vous êtes une femme tombée sous le charme de Delphine, il suffit de lui écrire à cette adresse :

L’AMOUR EST DANS LE PRÉ

TSA 21234, 75070 PARIS CEDEX 02

Ou bien sur le site 6play via le formulaire de candidature juste ici.

Crédit photos : Cécile Rogue / M6

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